Kathy Baig – Présidente à l’Ordre des ingénieurs du Québec

15 février 2019

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En tête à tête

 

 

En tête à tête avec Kathy Beg, Présidente à l’Orde des ingénieurs du Québec depuis 2016. 

 

 

1. À votre avis, quels sont les facteurs vous ayant mené à la présidence de l’Ordre des ingénieurs du Québec ?

Toute l’histoire commence en 2013 alors que c’était la commission Charbonneau. J’étais en congé de maternité, j’écoutais la télévision et ça m’attristait profondément d’entendre et de voir ce qui se passait. Je me suis demandé comment je pouvais aider la situation. J’avais la volonté de repositionner la profession d’ingénieurs, de faire en sorte de lui redonner ses lettres de noblesse. Ce n’est pas vrai que TOUS les ingénieurs sont des corrompus ! Au départ, je me suis jointe au conseil d’administration pour aider à la gestion de cette crise-là. Rapidement, l’année d’après, j’ai pris un mandat de vice-présidence aux finances et ensuite, j’ai présidé un autre important comité. Donc, j’avais une vision à savoir comment nous sortir de cette crise et comment y arriver. La prochaine étape était de devenir présidente pour faire avancer le dossier concrètement. Aussi, plusieurs personnes soutenaient ma candidature et m’ont convaincu de me lancer. Au final, c’est vraiment partie d’une volonté de revaloriser la profession et cette motivation m’a conduite jusqu’au rôle de présidente.

2. Que signifie pour vous le succès professionnel ?

Pour moi, le succès professionnel, en fait quand j’ai l’impression d’avoir du succès, c’est lorsque les objectifs des projets sont atteints selon ce qu’on s’était fixé au départ mais surtout, quand on n’a perdu personne en cours de projet. Si jamais j’ai un objectif et que je souhaite l’atteindre, il faut que toute l’équipe arrive en bout de piste avec le même sentiment du devoir accompli. Si certaines personnes ne sont pas contentes de la finalité, pour moi ce ne sera pas un succès. C’est aussi d’être capable de livrer en mobilisant tout le monde. Sur un autre angle, le succès professionnel pour moi c’est d’être heureux. Ça peut paraître simpliste mais il y a plein de postes que j’aurais pu prendre sans être heureuse et ça n’aurait pas été un succès professionnel pour moi. Ce sont ces deux variables que je considère pour dire que c’est un succès professionnel.

3. Qu’avez-vous appris sur vous-même depuis que vous dirigez ?

Je dirais de bien s’entourer. Au fond, quand j’ai commencé ce mandat, j’avais 35 ans et tous les problèmes qu’une organisation peut avoir étaient tous présents, en même temps. Parfois, on ne voit pas la lumière au bout du tunnel, la montagne semble plus grosse et on se demande si c’est vraiment réalisable dans l’échéancier qu’on s’est donné. Finalement, quelques années plus tard, je suis forcée d’admettre qu’on a de bons résultats et je le dis en toute humilité. Alors, je dirais que ce que j’ai appris c’est de bien s’entourer. Je le savais déjà mais le fait de le vivre une situation difficile n’a fait que témoigner de la nécessité d’avoir les bons joueurs. Quand tout semble impossible, il faut se retrousser les manches et prendre une étape à la fois puis avancer sans paniquer.

4. Qu’est-ce qui vous motive et vous inspire au quotidien ?

J’aime changer les choses, j’aime faire avancer les choses, j’aime les transformer et j’aime me sentir utile. Ce sont vraiment des éléments qui m’inspirent et ce sont vraiment ces raisons qui expliquent pourquoi le mandat ici m’intéressait.
Si j’ai l’impression que je ne peux plus apporter quelque chose, je perdrai le feu sacré. Il faut que je contribue, que je vive au maximum. La vie est trop courte. Je m’investis au maximum et c’est aussi vrai avec mes enfants et mes amis que dans ma vie professionnelle.

5. Que souhaiteriez-vous léguer à titre de présidente ?

Quelle question ! Je ne sais pas si je peux me commettre. (rires) Mon désir au départ était de redorer la profession des ingénieurs. Donc, si je peux avoir contribué à un certain retour de notre fierté, ce serait un des legs que je voudrais laisser. Aussi, si j’ai pu amorcer un changement de culture au sein de notre organisation, ça prend du temps et j’en conviens, mais si je peux avoir provoqué un changement profond et durable à travers les années, ça me satisferait pleinement.

Eric Desaulniers – Président de Nouveau Monde Graphite